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Discours de Vladimir Poutine à l’ ONU Septembre 2015

Vladimir ‪‎Poutine: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs,

Le 70e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies est l’occasion de réfléchir au passé et de parler de notre avenir commun. En 1945, les pays vainqueurs du nazisme ont uni leurs forces pour poser les fondements solides de l’ordre mondial d’après-guerre. J’aimerais rappeler que les décisions majeures sur les principes de la coopération entre les États, les décisions sur la création de l’ONU, ont été prises dans notre pays, lors de la rencontre entre les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne qui s’est tenue à Yalta. Le système de Yalta a été obtenu après de nombreuses épreuves et au prix de dizaines de millions de vies et de deux guerres mondiales qui ont secoué la planète au XXe siècle. Soyons objectifs, ce système a aidé l’Humanité à traverser les événements tumultueux, parfois dramatiques, des 70 dernières années et a préservé le monde de bouleversements à grande échelle. L’Organisation des Nations Unies est une structure sans égale en termes de légitimité, de représentativité et d’universalité. Oui, ces derniers temps, l’ONU fait l’objet de nombreuses critiques. Elle manquerait soi-disant d’efficacité et les décisions les plus importantes reposeraient sur des divergences irréconciliables, principalement entre les membres du Conseil de Sécurité. Toutefois, j’aimerais souligner que les différends ont toujours existé à l’ONU, et ce au cours des ses 70 années d’existence. Et, de tout temps, le droit de veto y a été appliqué : y ont eu recours les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Union soviétique et ensuite la Russie. C’est tout à fait naturel pour une organisation aussi hétéroclite et représentative. Les fondateurs de l’ONU ne partaient pas du principe que l’unanimité y régnerait. L’essence de l’organisation réside précisément dans la recherche et l’élaboration de compromis, et sa force – dans la prise en compte d’opinions et de points de vue divers.

Les questions discutées à l’ONU donnent lieu à des accords sous la forme de résolutions ou ne donnent lieu à aucun accord. Comme le disent les diplomates : « elles passent ou elles ne passent pas ». Et toute action entreprise par un État afin de contourner ce principe est illégitime et contraire à la Charte des Nations Unies et au droit international.

Nous savons tous qu’après la fin de la Guerre froide – tout le monde le sait – un centre de domination unique est apparu dans le monde. Ceux qui se trouvaient au sommet de cette pyramide ont cédé à la tentation de croire que s’ils étaient aussi forts et exceptionnels, cela signifiait qu’ils savaient tout mieux que tout le monde. Et, par conséquent, qu’ils n’avaient pas besoin de l’ONU, qui, souvent, au lieu d’approuver automatiquement une décision, de la rendre légitime, ne faisait que leur « mettre des bâtons dans les roues ». Des discussions ont eu lieu sur le fait que l’organisation telle qu’elle avait été créée était devenue obsolète et avait accompli sa mission historique. Il est évident que le monde change et que l’ONU doit s’adapter à cette transformation naturelle. La Russie est prête, sur la base d’un consensus large, à œuvrer au développement futur de l’ONU avec tous ses partenaires, mais nous estimons que les tentatives visant à saper l’autorité et la légitimité de l’ONU sont extrêmement dangereuses. Elles pourraient conduire à l’effondrement de toute l’architecture des relations internationales. Auquel cas ne subsisterait plus aucune règle, si ce n’est la loi du plus fort.

Ce serait un monde dans lequel l’égoïsme primerait sur le travail collectif, un monde dans lequel il y aurait de plus en plus de diktats et de moins en moins d’égalité, de démocratie réelle et de liberté, un monde dans lequel le nombre de protectorats dirigés de l’extérieur se multiplierait au détriment d’États véritablement indépendants. Au fond, qu’est-ce que la souveraineté étatique déjà mentionnée ici par mes collègues ? Il s’agit avant tout pour chaque être humain, pour chaque peuple, pour chaque État, d’être libre, de pouvoir décider librement de son avenir.

Dans le même ordre d’idées, chers collègues, il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. En droit international et dans les affaires internationales, chaque terme doit être compréhensible, transparent et univoque. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter. Personne ne doit s’accommoder d’un modèle de développement unique reconnu une fois pour toutes par certains comme le seul acceptable.

Nous ne devons pas oublier le passé. En ce qui nous concerne par exemple, nous nous souvenons notamment de l’histoire de l’Union soviétique. L’exportation d’expériences sociales, les tentatives visant à provoquer des changements dans l’un ou l’autre pays en partant de ses propres orientations idéologiques, ont souvent eu des répercussions tragiques et ont été synonymes non de progrès, mais de dégradation. Cependant, personne, semble-t-il, n’apprend des erreurs d’autrui, qui ne cessent d’être répétées. Et l’exportation de ce qu’on appelle désormais les révolutions « démocratiques » se poursuit.

Il suffit d’examiner la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord, dont a parlé le précédent intervenant [le roi Abdallah II de Jordanie, ndlr]. Cela fait évidemment longtemps que les problèmes socio-politiques couvaient dans cette région et que les populations aspiraient à des changements. Mais qu’ont-elles obtenu en réalité ? L’intervention extérieure agressive à entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part.

J’aimerais demander aux responsables de cette situation :« Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ?» Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité.

Il est déjà manifeste que l’absence de pouvoir constatée dans une série de pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord a conduit à la formation de zones anarchiques, rapidement envahies par des extrémistes et des terroristes. Des dizaines de milliers de combattants se battent déjà sous les drapeaux de l’ainsi nommé « État islamique ». On trouve parmi eux d’anciens soldats irakiens jetés à la rue suite à l’invasion de l’Irak en 2003. Un autre pays fournisseur de recrues est la Libye, dont la structure étatique a été détruite après la violation grave de la résolution n°1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd’hui, des membres de ce qu’on appelle l’opposition syrienne modérée, soutenue par l’Occident, viennent également grossir les rangs des radicaux.

Une fois armés et formés, ceux-ci passent du côté de l’État islamique. Ce dernier n’a lui-même pas surgi de nulle part : il a également été dans un premier temps choyé en tant qu’instrument de lutte contre des régimes laïques indésirables. Après avoir créé une tête de pont en Syrie et en Irak, l’État islamique poursuit activement son expansion dans d’autres régions et cherche à dominer le monde islamique – mais pas seulement. Il est clair que ses plans ne se limiteront pas à cette région. La situation est on ne peut plus dangereuse.

Dans ce contexte, il est hypocrite et irresponsable de faire de grandes déclarations sur la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux sur les flux de financement et de soutien des terroristes, notamment le trafic de drogues, de pétrole et d’armes, ou d’essayer de manipuler des groupes extrémistes, de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs politiques dans l’espoir de s’en débarrasser ensuite ou, plus simplement, de les éliminer.

J’aimerais dire à ceux qui agissent et pensent réellement ainsi : « Messieurs, vous avez bien sûr affaire à des individus extrêmement cruels, mais ceux-ci ne sont absolument pas idiots ni primitifs, ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas encore qui utilise qui. » Les dernières informations sur le transfert d’armes aux terroristes par cette même opposition modérée ne font que le confirmer.

Nous considérons que toute tentative visant à jouer avec les terroristes, et qui plus est à les armer, est non seulement irréfléchie mais également dangereuse. La menace terroriste mondiale pourrait s’en voir extrêmement accrue et peser sur de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que des combattants de nombreux pays, y compris européens, sont « rodés » dans les camps de l’État islamique.

Malheureusement, chers collègues, je dois reconnaître que la Russie n’est pas ici une exception. Il est inadmissible que ces coupe-jarrets qui ont déjà senti l’odeur du sang retournent ensuite chez eux et y poursuivent leur sale besogne. Nous ne le voulons pas. Personne ne le veut, n’est-ce pas ? La Russie s’est toujours opposée avec fermeté et constance au terrorisme sous toutes ses formes.

Aujourd’hui, nous apportons une aide militaro-technique à l’Irak, la Syrie et d’autres pays de la région qui luttent contre les groupes terroristes. Nous estimons que refuser de coopérer avec les autorités syriennes, avec l’armée gouvernementale, avec ceux qui affrontent courageusement le terrorisme, est une grave erreur. Il faut enfin reconnaître qu’hormis les troupes gouvernementales du président Bachar el-Assad et les milices kurdes en Syrie, personne ne se bat réellement contre l’État islamique et les autres organisations terroristes. Nous connaissons tous les problèmes de la région, toutes ses contradictions, mais nous devons tout de même nous fonder sur la réalité.

Chers collègues, je ne peux que constater que, ces derniers temps, notre approche honnête et franche est utilisée comme prétexte pour accuser la Russie d’ambitions croissantes. Comme si ceux qui en parlent n’avaient aucune ambition. Mais l’essentiel, chers collègues, ce ne sont pas les ambitions de la Russie, mais le fait que la situation actuelle est devenue intolérable.

En réalité, ce que nous proposons, ce n’est pas de se laisser guider par ses ambitions mais par des valeurs et des intérêts communs sur la base du droit international, de joindre nos efforts pour résoudre les nouveaux problèmes auxquels nous sommes confrontés et de créer une véritable et large coalition antiterroriste internationale. À l’instar de la coalition anti-hitlérienne, celle-ci pourrait unir dans ses rangs les forces les plus diverses, prêtes à combattre de façon radicale ceux qui, comme les nazis, sèment le mal et la haine.

Les principaux membres de cette coalition doivent bien entendu être les pays musulmans. Car non seulement l’État islamique les menace directement mais, par ses crimes sanglants, il profane une des plus grandes religions du monde – l’islam. Les idéologues de ces combattants bafouent l’islam et dénaturent ses véritables valeurs humaines.

J’aimerais m’adresser aux autorités spirituelles musulmanes : votre autorité et vos enseignements sont plus que jamais cruciaux. Il faut mettre à l’abri d’actes inconsidérés ceux que les combattants essayent d’enrôler, et aider ceux qui ont été trompés et qui, pour diverses raisons, se sont retrouvés dans les rangs des terroristes à trouver le chemin vers une vie normale, à déposer les armes et à cesser cette guerre fratricide.

Dans quelques jours, la Russie, en tant que présidente du Conseil de Sécurité, convoquera une réunion ministérielle pour analyser en profondeur la menace qui pèse au Proche-Orient. Nous proposons de discuter en particulier de la possibilité d’adopter une résolution sur la coordination de toutes les forces qui luttent contre l’État islamique et d’autres groupes terroristes. Je le répète, cette coopération doit reposer sur les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Nous comptons sur le fait que la communauté internationale parvienne à élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de rétablissement socio-économique au Proche-Orient. Alors, chers amis, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés. Les personnes contraintes de quitter leur terre natale ont d’abord afflué dans les pays alentour et ensuite en Europe. Ils se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Il s’agit au fond d’une nouvelle grande migration amère et d’une dure leçon pour nous tous, y compris pour l’Europe.

J’aimerais souligner que les réfugiés ont évidemment besoin de compassion et de soutien. Cependant, on ne pourra résoudre définitivement ce problème qu’en rétablissant la structure étatique là où elle a été détruite, en renforçant les institutions gouvernementales là où elles existent encore ou sont en train d’être reconstruites, et en fournissant une aide multiforme – militaire, économique et matérielle – aux pays en difficulté et, bien sûr, aux gens qui, malgré toutes les épreuves, ne sont pas partis de chez eux.

Il va sans dire que toute aide aux États souverains ne doit pas être imposée mais proposée, et ce dans le strict respect de la Charte de l’ONU. Tout ce qui est fait et sera fait dans ce domaine conformément aux normes du droit international doit être soutenu par notre organisation, et tout ce qui contreviendra à la Charte devra être rejeté.

Le plus important est, selon moi, de contribuer au rétablissement des structures étatiques en Libye, de soutenir le nouveau gouvernement irakien, et d’apporter une aide multilatérale au gouvernement syrien légitime.

Chers collègues, la mission principale de la communauté internationale, guidée par l’ONU, reste de garantir la paix et la stabilité à l’échelle régionale et globale. Nous estimons qu’il nous faut former un espace de sécurité égale et indivisible, pas uniquement réservé à un cercle d’élus mais pour tout le monde. Oui, c’est un travail complexe, difficile et de longue haleine, mais il n’y a pas d’alternative.

Cependant, la mentalité de « bloc » héritée de la Guerre froide et l’aspiration à conquérir de nouveaux espaces géopolitiques, que partagent certains de nos collègues, continuent malheureusement de prédominer. D’une part, ils poursuivent la politique d’élargissement de l’OTAN. À quoi bon vu que le pacte de Varsovie a cessé d’exister et que l’Union soviétique s’est effondrée ? Toujours est-il que l’OTAN non seulement subsiste mais s’élargit, à l’instar de ses infrastructures militaires.

D’autre part, ils ont placé les pays post-soviétiques devant un choix erroné : l’Ouest ou l’Est ? Tôt ou tard cette logique de confrontation devait conduire à une crise géopolitique grave. C’est ce qui s’est produit en Ukraine, où ils ont utilisé le mécontentement d’une grande partie de la population envers les autorités en place et ont provoqué de l’extérieur une révolution armée, qui s’est transformée en guerre civile.

Nous sommes convaincus que seul le respect complet et scrupuleux des accords de Minsk du 12 février 2015 permettront de mettre un terme à l’effusion de sang et de sortir de l’impasse. On ne garantira pas l’intégrité de l’Ukraine par les menaces et la force des armes. Mais cette intégrité doit être garantie. Il faut réellement tenir compte des intérêts et des droits des populations du Donbass, respecter leur choix, s’entendre avec elles, comme le prévoient les accords de Minsk, sur les éléments clés de la structure politique de l’État. C’est la condition du futur développement de l’Ukraine en tant qu’État civilisé, en tant que maillon essentiel dans la construction d’un espace commun de sécurité et de coopération économique tant en Europe qu’en Eurasie.

Mesdames et messieurs, ce n’est pas un hasard si je vous parle d’espace commun de coopération économique. Encore récemment, il semblait qu’en matière économique, régie par les lois objectives du marché, nous apprendrions à nous passer des lignes de démarcation, que nous suivrions des règles transparentes et fixées ensemble, notamment les principes de l’OMC que sont le libre échange, la liberté d’investissement et la libre concurrence. Toutefois, aujourd’hui, les sanctions unilatérales contournant la Charte de l’ONU sont quasiment devenues la norme. Celles-ci poursuivent non seulement des objectifs politiques mais servent également à éliminer des concurrents sur le marché.

J’aimerais relever un autre symptôme de l’égoïsme économique croissant. Une série de pays ont choisi de former des unions économiques exclusives et fermées. En outre, ces pays négocient en cachette et n’informent ni leurs citoyens, ni leurs cercles d’affaires, ni l’opinion publique, ni le reste du monde, de leurs pourparlers. Les autres États dont les intérêts peuvent être en jeu ne sont eux non plus au courant de rien. Il est probable qu’on souhaite tous nous mettre devant le fait accompli, une fois que les règles du jeu auront été réécrites – de nouveau dans l’intérêt d’un cercle étroit d’élus, et ce sans consulter l’OMC. Avec pour conséquences le déséquilibre total du système commercial et le morcellement de l’espace économique mondial.

Ces problèmes touchent aux intérêts de tous les États et influent sur les perspectives de l’économie mondiale dans son ensemble. C’est pourquoi nous proposons d’en discuter dans le cadre de l’ONU, de l’OMC et du G20. Pour faire contrepoids à la politique d’exclusivité, la Russie propose d’harmoniser les projets économiques régionaux, de favoriser « l’intégration des intégrations », sur la base des principes universels et transparents du commerce international. En qualité d’exemple, je peux vous citer le projet de coopération entre l’Union économique eurasiatique et l’initiative chinoise de créer une Ceinture économique de la route de la Soie. Par ailleurs, nous continuons à fonder de grands espoirs dans l’harmonisation des processus d’intégration dans le cadre de l’Union économique eurasiatique et de l’Union européenne.

Mesdames et messieurs, parmi les défis auxquels est confrontée l’humanité entière, il y a également celui du changement climatique. Nous prêterons une grande attention aux résultats de la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra au mois de décembre à Paris. À l’horizon 2030, la Russie prévoit de limiter ses émissions de gaz à effet de serre à 70-75 % du niveau de 1990.

Néanmoins, je propose d’envisager ce problème de façon plus large. Certes, en instaurant des quotas sur les rejets nocifs et en recourant à d’autres tactiques, nous pourrons peut-être atténuer pour un temps le problème, mais il est évident que ce n’est pas ainsi que nous le réglerons une fois pour toutes. Nous avons besoin d’approches fondamentalement différentes. Nous devons introduire de nouvelles technologies ne nuisant pas à l’environnement mais coexistant harmonieusement avec lui et qui permettront de rétablir l’équilibre biosphère-technosphère perturbé par l’homme. Ce défi est effectivement planétaire mais je suis persuadé que l’Humanité a le potentiel intellectuel nécessaire pour le relever.

Nous devons unir nos efforts, et avant tout ceux des États qui disposent d’une base scientifique puissante et de travaux de recherche en sciences fondamentales. Nous proposons de convoquer sous l’égide de l’ONU un forum spécial où seront examinés en profondeur les problèmes liés à l’épuisement des ressources naturelles, à la destruction de l’habitat et au changement climatique. La Russie est prête à faire partie des pays organisateurs de ce forum.

Mesdames et messieurs, chers collègues, le 10 janvier 1946 a marqué l’ouverture, à Londres, de la première séance de l’Assemblée générale de l’ONU. Dans son discours, le diplomate colombien Zuleta Angel, président de la commission préparatoire de la session, a formulé, à mon sens de façon très complète, les principes sur lesquels doivent se bâtir les actions de l’ONU. Il s’agit de la bonne volonté, du mépris des intrigues et des ruses, et de l’esprit de coopération.

Aujourd’hui, ces mots résonnent en nous tous comme une recommandation. La Russie croit en l’énorme potentiel de l’ONU, qui doit contribuer à empêcher une nouvelle confrontation mondiale pour lui préférer une stratégie de coopération. Aux côtés des autres pays, nous continuerons à œuvrer au renforcement du rôle central de coordination de l’ONU.

Je suis convaincu qu’ensemble nous rendrons le monde stable et sûr et que nous garantirons les conditions propices au développement de tous les États et de tous les peuples.

Je vous remercie de votre attention.

Discours des autres Présidents sur les crises.fr :

http://www.les-crises.fr/70e-ag-onu-etats-unis-le-scepticisme-croissant-au-sujet-de-lordre-international-se-retrouve-egalement-dans-les-democraties-les-plus-avancees/

et suivants, tag : 70E AG

Que se passe-t-il en Syrie ? Le prélude à une troisième guerre mondiale ?

Que se passe-t-il en Syrie ? Le prélude à une troisième guerre mondiale ?

16 oct 2015

Source : https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/10/16/que-se-passe-t-il-en-syrie-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale/

«L’intervention extérieure agressive a entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part(…)»

Vladimir Poutine à la tribune des Nations unies 28.09.2015

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient et beaucoup de Cassandre annoncent une possible troisième guerre mondiale. On sait que l’unique objectif de Washington et de ses vassaux en Syrie est de destituer Bachar Al-Assad et de le remplacer par une marionnette américaine capable de mettre en oeuvre le plan de Qatar Petroleum (soutenu par l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats-Unis), pour remplacer le russe Gazprom sur le marché européen du gaz naturel et du pétrole brut. C’est l’opposition de Bachar Al-Assad à ce plan qui a déclenché l’utilisation de forces extérieures et la guerre civile de la Syrie. Tout ne marcha comme prévu et la Syrie n’est pas la Libye.

La stratégie de Poutine

On dit que Poutine est un joueur d’échecs qui a une revanche à prendre sur ceux aux Etats-Unis et en Europe vassale, le prenaient pour quantité négligeable au point de faire des rodomontades et de sanctionner la Russie pour avoir refusé d’avoir une Otan à ses portes – en Ukraine ou en Ossétie.

Par trois fois Poutine joue et met en échec l’Occident qui l’a exclu du G7. Souvenons-nous de l’Ossétie et de l’amateurisme du Géorgien Sakashvili! Souvenons-nous de la façon élégante avec laquelle il a fait que la Crimée rejoigne le bercail russe!

Souvenons-nous enfin, de la façon avec laquelle il a pu imposer une zone tampon avec l’Ukraine! Le dernier coup d’échecs est la stratégie-éclair avec laquelle il retape les bases de Lattaquié et de Tartous et y a amené rapidement une flotte impressionnante et opérationnelle.

Le commentaire suivant est édifiant:

«Dix-huit mois après la prise de contrôle de la Crimée, au terme d’une opération militaire éclair, le Kremlin a réussi un nouveau coup de maître: prendre de court toutes les puissances impliquées en déclenchant une intervention militaire dont il s’avère qu’elle a été préparée de longue date. Gravité et confusion: les deux mots peuvent aussi résumer la réunion de l’Otan qui s’est tenue jeudi 8 octobre à Bruxelles. «Nous assistons à une escalade inquiétante», a estimé le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Vladimir Poutine s’est réinstallé au centre d’un grand jeu diplomatique. L’intervention militaire de Moscou marque un basculement, (…) Pour la première fois depuis les guerres d’Indochine ou d’Afghanistan, deux coalitions militaires internationales se défient sur le territoire d’un même pays. D’un côté, celle menée par les États-Unis et qui revendique le soutien d’une soixantaine de pays, même si dans les faits, une demi-douzaine d’États participent aux opérations. De l’autre, cette nouvelle coalition annoncée par Vladimir Poutine à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU il y a trois semaines.» (1)

«Tous les éléments sont ainsi en place pour une escalade militaire incontrôlée, qui pourrait conduire à une déflagration dans tout le Moyen-Orient. Appuyé par une diplomatie russe qui connaît parfaitement cette région et a su démontrer son efficacité, Vladimir Poutine a fait le choix d’accélérer en toute connaissance de cause, convaincu que le moment était venu d’enfermer dans un piège la coalition américaine pour imposer une solution politique intégrant ses conditions. Mais il ne s’agit là que d’une des nombreuses raisons de cette intervention militaire inédite. Une démonstration militaire au nez et à la barbe de l’Otan et des Etats-Unis.

La puissance militaire russe est de retour. Moscou fait la démonstration qu’il est capable de projeter une force d’intervention importante à des milliers de kilomètres de son territoire. A en croire Moscou, mais aussi Damas, tout serait différent cette fois, l’aviation russe intervenant de manière coordonnée avec les forces au sol de l’armée syrienne et lui apportant ainsi une puissance décisive. Porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova ne disait pas autre chose le 6 octobre: «Ce qui est très important, c’est que nous coordonnons notre action avec l’armée syrienne. C’est un point fondamental. Vous ne pouvez pas combattre l’État islamique sans coordonner vos efforts avec ceux qui le combattent au sol. Et en Syrie, c’est l’armée syrienne qui le combat. C’est pour avoir refusé cette coordination que l’intervention de la coalition [américaine] est inefficace.» (1)

«Les frappes russes s’étant concentrées ces premiers jours dans le nord-ouest de la Syrie, entre Alep et Homs, là où l’armée de Bachar al-Assad est la plus menacée, elles permettent au régime syrien de retrouver des marges de manoeuvre et d’éviter de nouvelles défaites et pertes de territoire. Moscou prend ainsi sa revanche contre l’hyperpuissance militaire américaine et met l’Otan face à ses contradictions et à son impuissance. Impuissance vérifiée, puisque l’Otan n’a su ni prévenir ni sanctionner l’incursion d’avions de chasse russes dans l’espace aérien turc en milieu de semaine, pas plus qu’elle ne sait comment répondre à l’intervention en Syrie. (…) Ce retour militaire de la Russie s’accompagne d’un projet politique plus vaste. Vladimir Poutine l’a exposé devant l’Assemblée générale des Nations unies le 28 septembre, dans un discours s’en prenant frontalement aux États-Unis mais aussi à ces Européens ayant déclenché, entre autres, la guerre en Libye et le renversement de Kadhafi, après le désastre afghan et irakien.» (1)

« Répétant son soutien au régime syrien, «seul légitime», et à Bachar al-Assad, accusant l’«opposition dite modérée» syrienne de n’être qu’un faux nez de l’État islamique et des groupes terroristes, le président russe met depuis en scène une coalition alternative.

Trosième raison: le soutien à Assad mais, au-delà, le renforcement des intérêts russes dans la région avec, au passage, une alliance renouvelée avec l’Iran.

«Il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter.» C’est l’argumentaire résumé par Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères: «Nous avons vu ce qui s’est passé en Libye. Nous avons vu le colonel Kadhafi d’abord démonisé puis éliminé, et nous avons vu le résultat. Si je vous propose les deux scénarios suivants, lequel choisissez-vous? Renverser un dirigeant qui n’était certainement pas un ange ou préserver un pays et un peuple, empêcher un État de devenir un trou noir du terrorisme? Je suis sûre que vous choisirez la deuxième option.» (1)

Riyadh prêt à coopérer avec Moscou pour sauvegarder l’unité de la Syrie

Renversement d’alliance: le pire ennemi d’Al Assad veut le sauver.( Quels faux culs ! ) L’Arabie saoudite et la Russie ont confirmé qu’elles poursuivaient les mêmes buts en Syrie, a annoncé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. «Nous travaillons avec l’Arabie saoudite sur la question syrienne depuis plusieurs années. Aujourd’hui, le président a confirmé que les buts que l’Arabie saoudite et la Russie poursuivent en Syrie coïncident», a déclaré le chef de la diplomatie russe après une rencontre avec le ministre de la Défense de l’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Curieusement, on apprend que les Américains veulent abattre les avions russes, ils s’appuient sur les Saoudiens Valentin Valescu écrit à ce sujet : «Contre les avions russes Su-25 qui volent souvent sous l’altitude de 5000 mètres pour les missions d’appui rapproché, les missiles portatifs américains FIM-92 Stinger, produits sous licence par Roketsan (Turquie), sont très efficaces. Les officiels saoudiens ont déjà répondu à la demande américaine, affirmant avoir livré cette semaine aux rebelles islamistes, encore un lot de systèmes de missiles antichars américains BGM-71 TOW, pour stopper l’offensive de l’armée nationale syrienne.

En fait ce n’est pas pour sauver l’unité de la Syrie que la monarchie saoudienne est prête à coopérer avec la Russie, mais pour sauver le trône menacé de l’intérieur (contestation des chiites du Sud pétrolier – région de Qatif) et de l’extérieur (résistance patriotique des Houtis yéménites contre l’invasion des Saoud).

Un nouvel acteur pour le Moyen-Orient

Il semble que l’influence américaine soit sur le déclin. La Russie s’implique au Moyen-Orient. Grâce à l’opération en Syrie, l’influence russe dans le Proche-Orient est sans précédent. «L’influence américaine et son implication dans les affaires de la région traversent une période de déclin sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale», estime l’ancien ambassadeur américain en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Liban, au Koweït et au Pakistan Ryan Crocker. Les alliés des Etats-Unis dans le Proche-Orient sont inquiets et optent souvent pour un compromis avec la Russie, souligne le Wall Street Journal (WSJ). C’est notamment le cas d’Israël, qui a refusé de soutenir la résolution proposée par les Etats-Unis à l’Assemblée générale de l’ONU, concernant la Crimée, et qui ne critique pas actuellement les frappes russes en Syrie. Bien que la Maison-Blanche essaye de contester le déclin de ses forces, les événements de ces dernières semaines, notamment le «gambit syrien» russe, font que la Russie est actuellement encore plus puissante dans le Proche-Orient que dans les années 1970-1980.

«M. Poutine aspire à une sorte de dominance conjointe avec les Etats-Unis dans le Proche-Orient et il a presque réussi», estime Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Plusieurs forces dans la région, surtout l’Irak et les Kurdes, sont désenchantées par l’incapacité des Etats-Unis de contrer le groupe terroriste Etat islamique et saluent donc l’opération russe en Syrie.»(2)

Le basculement vers un nouveau statut quo : Un reshaping du Moyen Orient

Pour Paul Craig Roberts:

«Le monde commence à se rendre compte qu’un bouleversement dans les affaires du monde était en train de se passer le 28 septembre, lorsque le président Poutine de la Russie a déclaré dans son discours à l’ONU que la Russie ne peut plus tolérer la politique vicieuse, stupide et vouée à l’échec de Washington qui a déclenché le chaos qui s’est déversé sur le Moyen- Orient et maintenant l’Europe. Deux jours plus tard, la Russie a pris la situation militaire en main en Syrie et a commencé la destruction des forces de l’Etat islamique. (…) L’afflux de populations indésirables est en train de sensibiliser les Européens sur le coût élevé de la mise en oeuvre de la politique étrangère des États-Unis. Les conseillers ont dit à Obama que l’idiotie de la politique des néoconservateurs menace l’Empire de Washington en Europe. En effet, les Russes ont déjà établi de facto une zone d’exclusion aérienne. Poutine, sans aucune menace verbale, ni aucune insulte, a résolument changé l’équilibre des puissances, et le monde le sait. Si Obama avait un peu de bon sens, il écarterait de son gouvernement les abrutis néoconservateurs qui ont dilapidé la puissance de Washington, et il se concentrerait plutôt à conserver l’Europe en travaillant avec la Russie pour détruire, au lieu de le parrainer, le terrorisme au Moyen-Orient qui envoie des vagues de réfugiés en Europe.» (3)

Justement on apprend que comme conséquence de cette nouvelle donne, l’Alliance occidentale s’effrite: l’Union européenne abandonne les Etats-Unis dans leur tentative de renversement d’Assad. Nous lisons dans la contribution suivante : L’Europe est envahie de réfugiés provenant des campagnes de bombardement en Libye et en Syrie, qui ont créé un état fantoche en Libye, et qui menacent de provoquer la même chose en Syrie. La pression exercée sur le régime syrien qui combat l’Etat islamique doit être éliminée. Le public européen est opposé aux frappes américaines, qui ont provoqué l’exode de réfugiés vers l’Europe. Les dirigeants européens commencent à se désolidariser de leur alliance avec les Etats-Unis.»(4)

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien

Tout s’est joué en été , on sait qu’il y avait deux camps qui à des degrés divers voulaient faire partir Al Assad, même jusqu’à aller insinuer comme l’a fait Fabius qu’Al Assad ne méritait pas de vivre . Nous étions ; alors, tout prêt d’un scénario à la Kadhafi aux mains du tandem BHL-Sarkozy, de Cameron et de l’Otan. Il a fallu qu’ Obama annonce qu’il n’est pas prêt à risquer la vie des Gis voire même à s’embourber en Syrie que le chevalier sans peu et sans reproche avale son chapeau et éteint les moteurs de ses mirages prêts à aller en découdre en Syrie. En face, la force tranquille de la Chine et surtout de la Russie , bloquent au Conseil de Sécurité toute velléité de voter une zone d’exclusion aérienne comme ce fut le cas pour la Libye où les Occidentaux ne respectèrent par les termes de la résolution. Il faut y ajouter la détermination de l’Iran à aider le pouvoir syrien

Nous lisons la contribution suivante qui explique cette gigantesque partie d’échecs. :

« Jusqu’à l’intervention de Poutine à l’ONU le 28 septembre et l’intervention russe en Syrie, deux équipes de jeu se faisaient face: d’un côté, Assad et la faction chiite comprenant l’Iran et le Hezbollah, de l’autre, la coalition internationale qui, côté syrien, se contentait de donner quelques claques aux islamistes du fait qu’elle est essentiellement concentrée sur Daesh.

La stratégie US en Syrie était d’armer les «terroristes modérés» qui se battent à la fois contre Daesh et contre Assad sans succès, Dans le même temps, l’Iran a poussé ses pions dans le petit jeu d’échecs personnel (…) l’Iran profite de la faiblesse de Assad pour s’introduire profondément dans les couloirs du pouvoir syrien. (…) Poutine est assis à sa propre table de jeu, face à l’Otan qui veut l’obliger à rejoindre la coalition anti-Daesh en Irak et à laisser tomber la Syrie (…) Pour Poutine comme pour Assad, si une intervention militaire russe en Syrie doit avoir lieu, c’est maintenant ou jamais. Dont acte. (…) Selon Justin Bronk, analyste de recherche au Royal United Services Institute: «Les forces russes maintenant en place rendent parfaitement évident que tout type de zone d’exclusion aérienne sur le modèle libyen imposé par les États-Unis et leurs alliés est désormais impossible, à moins que la coalition ne soit en fait prête à abattre des avions russes.» (5)

L’énigme Erdogan

La Turquie semble être sans boussole, elle combat les Kurdes, la Syrie mais soutient Daesh qui la ravitaille en pétrole. Elle se plaint de la Russie et attend l’aide de l’Otan en vain. La réunion de l’Otan a réaffirmé la solidarité inter pays de l’Otan mais sans plus.

«Erdogan n’a toujours pas compris, lit-on sur le site Réseau Voltaire, que l’Otan n’a jamais été au service de ses membres. L’Organisation a une raison d’être, c’est l’hégémonie anglo-saxonne dirigée militairement par les Etats-Unis. Si la cause turque peut servir l’impérialisme atlantique, il les verra débarquer sans qu’il ait à les solliciter, sinon, il n’aura que de belles paroles et des sourires avenants. Dès le premier jour de bombardement, l’aviation russe a tué des officiers turcs illégalement déployés sur le sol syrien. En réalité, la Russie mène la guerre contre l’Armée turque qui continue à encadrer des groupes terroristes sur le sol syrien et fournit un refuge et une assistance aux jihadistes qui fuient les bombardements russes.» (6)

Y aura t-il une troisième guerre mondiale ?

Il semble heureusement, qu’aucun des camps ne veut l’escalade pour le moment. Le Pentagone a annoncé que la Russie et les Etats-Unis étaient prêts à reprendre des discussions sur la sûreté de l’espace aérien en Syrie, où les deux pays sont engagés dans des opérations militaires distinctes. Au lendemain des premières frappes russes, de hauts responsables civils et militaires américains s’étaient déjà entretenus par vidéoconférence avec leurs homologues russes sur les moyens d’éviter des incidents entre les aviations des deux pays.

Peut-être qu’après tout il n’y aura pas de troisième guerre. Ce qui est sûr c’est que la solution aux problèmes du Moyen-Orient passe par le Kremlin et Téhéran. Les rodomontades des valets européens seront des scories de l’histoire.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1.Site Médiapart, http://forumdesdemocrates.over -blog.com/2015/10/moyen-orient-analyse-syrie-les-quatre-raisons-de-l-escalade-russe-09-octobre-2015-par-francois-bonnet-dix-huit-mois-apres-la-crimee

2.http://fr.sputniknews.com/international/20151010/1018748586/proche-orient-influence-dominance-usa-russie-frappes.html#ixzz3oLemE9F7

3.http://reseauinternational.net/nous-sommes-a-un-tournant-decisif-dans-lequilibre-des-puissances/

4.http://reseauinternational.net/lalliance-occidentale-seffrite-lunion-europeenne-abandonne-les-etats-unis-dans-leur-tentative-de-renversement-dassad/

5.http://reseauinternational.net/le-spectaculaire-jeu-dechecs-syrien/

6.http://www.voltairenet.org/article188985.html

Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/227456-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale.html

Le double jeu des américains des saouds et des turcs.

A quoi jouent les Américains ?

15 Octobre 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie, #Gaz, #Pétrole

Washington joue un jeu bien dangereux, soufflant le chaud et le froid. On pensait que les Etats-Unis avaient mangé leur chapeau et cherchaient la sortie depuis l’intervention russe. En quelques jours, Obama avait mis fin au grotesque programme d’entraînement de rebelles modérés visant à combattre l’EI (disaient-ils) après que le Pentagone eut avoué qu’il avait formé… attention… roulements de tambour… 5 combattants (qui ont d’ailleurs immédiatement été attrapés par Al Nosra). La maison Blanche avait également promis de ne pas mener une guerre par proxy interposé contre la Russie en Syrie. Bref, on pensait que les Américains, lassés du fiasco de leur politique syrienne, étaient revenus de leurs vieilles lunes. Apparemment pas…

Un inquiétant article du New York Times nous apprend que les missiles anti-char de fabrication américaine TOW affluent en Syrie, fournis par les Saoudiens avec le consentement US, à destination des terroristes modérés si chers à l’Occident. L’article cite des commandants rebelles : « Nous recevons ce que nous demandons en un laps de temps très court. Nous pouvons en avoir autant que nous voulons ». Un officiel fondamentaliste saoudien l’avait annoncé la semaine dernière et, pour une fois, les amis du gouvernement français ont tenu parole. Notons d’ailleurs la parfaite mauvaise foi du wahhabite : « Les bénéficiaires seront l’Armée de la conquête, l’Armée syrienne libre et le Front Sud, mais pas Al Nosra (= Al Qaeda) ni l’Etat Islamique ». Etant donné que le principal groupe de l’Armée de la conquête est Al Nosra, nous sommes en plein foutage de g….., mais les Saoudiens ont l’habitude.

Cette évolution de l’armement des terroristes modérés explique peut-être que, malgré les intenses bombardements russes, parfois au prix d’acrobaties assez invraisemblables, la grande offensive de l’armée syro-hezbollo-iranienne patine un peu. Certes, des progrès ont été réalisés, du terrain reconquis, mais aucune victoire stratégique n’a encore eu lieu. Ne restent plus aux Russes qu’à intensifier encore leurs bombardements, ce qu’ils ne vont pas se priver de faire étant donné que ça leur permet également d’éliminer des djihadistes tchétchènes qui ne rentreront donc pas au bercail [le chef d’Ahrar al Sham, groupe syrien modéré d’entre tous, était donc un Tchétchène, ce qu’ont l’air de trouver tout à fait normal les chancelleries occidentales…]

Les Américano-saoudiens semblent avoir choisi le chemin de l’escalade du conflit, ce qui est encore confirmé par les propos très agressifs de Carter, le chef du Pentagone, ou le refus de Washington de rencontrer une délégation russe menée par le premier ministre Medvedev afin de coordonner les stratégies des deux Grands en Syrie. Tant que vous bombardez nos petits amis d’Al Qaeda et affidés, on vous cause pas.

Quelle mouche pique donc les Américains ? Quelles que soient les raisons de cette névrose, elle ne manque pas d’inquiéter. D’ailleurs, l’article du New York Times, étonnant d’honnêteté pour cette publication néo-conservatrice, se fait l’écho de ce malaise. Il y est écrit noir sur blanc ce que tout le monde sait – les « rebelles modérés » ne sont pas nombreux et alliés à des groupes djihadistes au premier rang desquels on retrouve Al Qaeda – et, à lire entre les lignes, on y découvre une incompréhension de la voie suivie par l’administration américaine. Un éditorial du même journal va même encore plus loin et propose de s’allier à Moscou pour se partager le travail : les Russes tapent sur Al Qaeda (nouvel aveu que les rebelles modérés n’existent pas) et les Etats-Unis sur l’EI.

Décidément, il se passe quelque chose de pas net dans les sphères du pouvoir US si même un journal aussi russophobe que le New York Times en vient à faire ce genre de proposition. La lecture des centaines de commentaires est également intéressante : c’est un déluge de critiques envers la folle politique américaine de soutien aux djihadistes en Syrie, ce qui n’est pas sans rappeler la fronde d’une partie de l’armée US en 2013 quand il était question de bombarder Assad (la fameuse campagne « I will not fight for Al Qaeda in Syria » sur les réseaux sociaux).

Question subsidiaire : la mafia médiatique européenne, qui doit tomber des nues et suer à grosses gouttes après avoir lu les aveux du temple du néo-conservatisme US, va-t-elle suivre le mouvement et enfin présenter honnêtement la situation en Syrie ?

Reste à savoir ce que va faire la Russie, et dans une moindre mesure l’Iran, si Ankara, Riyad et Washington persistent à chercher la confrontation en armant les terroristes modérés. Une conflagration mondiale entre Russes et Américains est bien sûr exclue, mais Poutine a plusieurs cartes en main pour refroidir Turcs et Saoudiens.

A Ankara, le sultan craint plus que tout un soutien russe aux Kurdes. Voilà qui est justement susceptible d’amener Erdogan à la raison : si tu continues à fournir Al Qaeda et consorts, je ferai de même avec tes meilleurs ennemis du PKK et des YPG. Avec le doublement du Nord Stream, Moscou n’a presque plus besoin du Turk Stream (c’est même peut-être en prévision de l’intervention en Syrie que Poutine a changé son fusil d’épaule et privilégié la route nord).

Quant aux Saoudiens, il existe une possibilité formidable à tous les sens du terme, bien que très hypothétique pour l’instant. C’est une idée qui avait traversé l’esprit de votre serviteur il y a quelques semaines mais qu’il avait chassée tellement elle lui paraissait énorme… jusqu’à ce qu’elle réapparaisse dans la conclusion d’un article passionnant du site spécialisé Oil Price. L’article lui-même s’attache aux causes énergétiques du conflit syrien, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici. Les pays du Golfe (dont le Qatar et son projet de méga-gazoduc) voulaient faire transiter leurs fabuleuses ressources en hydrocarbures vers l’Europe, le tout sous contrôle américain, ce qui aurait eu pour effet de marginaliser considérablement la Russie. Passer par l’Irak saddamique puis chiite étant impossible, la seule voie pour les pipelines du Golfe était la Syrie, pays à majorité sunnite qui ne ferait aucune difficulté une fois Bachar renversé.
A quoi jouent les Américains ?

Assad ne l’entendait pas de cette oreille, qui mettait une contre-proposition sur la table : un tube « chiite » Iran-Iraq-Syrie. De quoi donner une crise d’urticaire aux cheikhs du Golfe et à leur allié américain. Quatre ans après, Riyad, Doha et Washington n’ont pas abandonné l’idée bien que le projet paraisse maintenant bien compromis (même si Assad perdait finalement, l’EI est devenu totalement incontrôlable).

Mais revenons à notre idée, géniale, diabolique, colossale en réalité. Nous avons vu il y a quelques jours comment la coalition irano-irako-syro-russe pourrait, avec l’aide des Kurdes au nord, mettre fin à l’EI. Notons d’ailleurs au passage qu’à l’est, les Irakiens commencent à avancer et ont quasiment réussi à tuer le calife grâce au centre de renseignement commun mis sur pied avec Téhéran, Moscou et Damas (ce n’est certes pas sur les Américains que Bagdad pouvait compter pour trouver les cibles de l’EI…)

A quoi jouent les Américains ?

Cher lecteur, que voyez-vous sur cette carte ? Entre la poussée Syrie-Iran-Hezbollah à l’ouest, kurde au nord et Irak-Iran à l’est, le tout soutenu par l’aviation russe, l’Etat Islamique serait cerné et n’aurait plus qu’une échappatoire : vers le sud, vers… l’Arabie Saoudite !

Ô divin retour à l’envoyeur, renvoi du monstre à son créateur… Riyad prend les choses suffisamment au sérieux pour ériger une frontière électronique. Mais si cet amusant gadget peut stopper quelques djihadistes égarés dans le désert, que fera-t-il face à des (dizaines de) milliers de fanatiques surarmés et désespérés ? Gageons que les bombes US retrouveront soudain toute leur efficacité mais sera-ce suffisant ?

Si l’EI entre en Arabie Saoudite, c’est tout le fragile édifice de la monarchie moyenâgeuse wahhabite qui explose. Et avec elle les prix du pétrole. Pour Poutine, ce serait un incroyable triple coup : s’allier aux Kurdes et ravaler la Turquie au rang de faire-valoir, détruire la maison des Seoud et faire enfin grimper les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. Nous n’en sommes pas (encore ?) là…

Mon commentaire : Nous n’en sommes pas encore là , mais avec les fourbes que sont les USA, le Quatar, l’arabie saoudite et les turcs qui soutiennent Erdogan, le seul moyen de mettre fin au conflit du moyen orient c’est de ratiboiser les alliés des USA de cette région et de détruire le dollar.

Un missile stratégique sur Riyad, personne ne va pleurer et encore moins bouger. Leur pétrole restera sous terre et on pourra toujours l’extraire plus tard.

Les turcs ont déjà eu leur avertissement.

Et Obama prolonge la présence des troupes US en Afghanistan.

Un résumé objectif de la situation actuelle Russie USA en Syrie.

Récapitulatif ( 2013 ) sur les origines multiples du conflit si vous ‘avez pas suivi.

Cet exposé date un peu : Morsi allié des frères islamistes a été condamné à mort et remplacé par Abdel Fattah Al-Sissi un militaire qui lutte avec une main de fer contre le terrorisme islamiste.

Je me souviens des espoirs qu’a suscité l’ arrivée de Bachar au pouvoir à l’époque.

Hélas on ne lui a pas laissé les mains libres et les USA sont devenus barges avec le 11 septembre dont ils sont peut être les auteurs ( la quatrième tour qui tombe toute seule sans avoir été percutée par un avion ???? ). L’assassinat de Rafic Hariri 1 er ministre du Liban ( proche des saoudiens ). La trahison de Sarkozy.

De toutes façons  Bachar et la Syrie étaient sur la liste des cibles des USA, avec l’Irak, la Libye et d’autres pays à déstabiliser.

Roland Dumas nous explique.

Wikileaks : ces câbles qui révèlent l’action des Etats-Unis contre la Syrie depuis 2006

© Wikileaks

Sur les 251 287 câbles révélés par Wikileaks, seuls certains, souvent anecdotiques, ont été médiatisés à leur sortie. Les auteurs d’un livre récent sur ce sujet démontrent que les Etats-Unis travaillent depuis 9 ans à la déstabilisation de la Syrie

L’équipe du site internet Truthout, aidée par des analystes tels que Robert Naiman, Gareth Porter et Phyllis Bennis, a travaillé sur l’énorme base documentaire de câbles diplomatiques diffusée par Julian Assange, et publié un livre intitulé Wikileaks : Le monde selon l’empire américain. La stratégie américaine contre la Syrie de Bachar El-Assad, détaillée dans le chapitre 10 en accès libre, peut se résumer en 6 points :

  • Encourager les rumeurs et l’impression qu’un complot se fomente contre le pouvoir syrien afin d’encourager des réactions violentes de Bachar El Assad, en organisant la rencontre d’opposants politiques avec l’Arabie Saoudite et l’Egypte.
  • Mettre en avant l’opposition kurde, enclin à protester violemment et bien organisée, et appuyer sur la répression dont elle est l’objet afin de déstabiliser le régime syrien.
  • Reconnaître que le gouvernement syrien se bat contre le terrorisme sur son territoire, afin de démontrer qu’il est faible et exposé à une situation hors de contrôle.
  • Avec l’aide de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite, jouer sur les peurs entre sunnites et chiites en faisant croire à l’existence d’un prosélytisme très actif de la part des iraniens, notamment en direction des classes populaires sunnites.
  • Au vu des efforts du régime syrien pour relancer l’économie, présenter la situation comme instable afin de dissuader les expatriés syriens, ainsi que les pays du Golfe d’investir dans le pays. La mauvaise situation économique remettrait alors en cause sa légitimité.
  • Financer les groupes d’oppositions syriens par le biais d’ONG, mais discrètement afin que le gouvernement ne puisse pas les discréditer en disant qu’ils sont des agents des américains. Les syriens ont en effet accusé les Etats-Unis de vouloir déstabiliser le régime, ce que les Etats-Unis ont démenti, accusant Damas de ne pas vouloir dialoguer.

http://www.truth-out.org/progressivepicks/item/33180-wikileaks-reveals-how-the-us-aggressively-pursued-regime-change-in-syria-igniting-a-bloodbath

En savoir plus : Assange à RT : Washington cherche depuis des années à renverser Assad, avant même le soulèvement

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/12/m-khaddam-des-dirigeants-de-l-armee-syrienne-savent-que-le-regime-est-fini_1602875_3218.html

Pour l’article suivant, j’aurais plutôt écrit comme titre.

« Comment Obama s’est laissé berner par Poutine ? »

Les américains ont un tel complexe de supériorité, convaincus d’avoir la meilleure armée du monde, mais après tous leurs échecs depuis le Viet Nam, ils ont peur de faire la guerre et comme l’ OTAN , ils sont à la tête d’un parc à ferraille gigantesque ; En Syrie ils ont aligné des A10 qui datent de 1972, sans électronique et informatique. De vieux F16 ( il en tombe un par mois depuis deux ans sur panne ), les défauts du F22 et le fiasco du F35. Ils se sont bernés tout seuls aveuglés par leur complexe de supériorité.

Ils n’ont que mépris pour leurs adversaires. Les conseillers d’ obama sont presque tous des vieillards aigris avec des raisonnements et des objectifs  à la limite, voire au delà  de la démence.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20151002.OBS6945/syrie-comment-poutine-Poutine a-berne-obama.html

Poutine n’allait pas se lancer comme ça dans une intervention militaire en Syrie. Ca a été préparé longtemps à l’avance et tous les risques ont été étudiés..

Poutine sait bien, depuis la Tchétchénie  que la Russie est menacée par les jihadistes.

Les français, anglais , américains ont berné Poutine pour la Lybie. Ils n’auront pas une deuxième occasion de le faire. Leur mandat de l’ ONU consistait à contrôler l’espace aérien lybien, pas de zigouiller Kadafi.

Ukraine Octobre 2015

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit sur l’ Ukraine.

Le cessez le feu plus ou moins respecté par Kiev, fait qu’il ne s’y passe rien.

Porochenko aurait bien voulu renforcer son armée, mais les jeunes ukrainiens qui refusent la conscription émigrent en Russie (le soit disant agresseur de l’ Ukraine).

Pendant ce temps l’armée du Donbass s’organise et s’entraine.

Puis bientôt il y aura des élections.

Mais l’ Ukraine est en train de pourrir par la tête.

Mais coté UE il s’est passé plein de choses. Il y avait le feu à la baraque.

Tout d’abord la Grèce et la trahison de Tsipras envers le peuple grec. Tant pis pour les grecs, ils n’ont pas voulu sortir de l’ UE, c’est leur problème. La plupart des pays de l’ UE, sauf la France, voulait expulser les grecs de la zone euro, et bien sûr Sarkozy était le plus acharné contre les grecs après les allemands. Le lendemain toute la maison blanche ( jusqu’ au cuistot ) a appelé les dirigeants de l’ UE pour leur dire qu’il était hors de question que la Grèce sorte de l’ UE : une catastrophe au niveau de l’ Euro pourrait avoir des conséquences graves pour l’économie américaine. Tout le monde a changé son discours, y compris sarkozy qui a baissé de trois tons.

Quand a Hollande, il ‘a pas sauvé la Grèce qui a accepté un plan d’austérité pire que celui que la troika réclamait qq jours plus tôt. Hollande s’est contenté de mettre la vaseline.

Puis il y a eu une énorme vague de migrants qui a failli couper l’ UE en deux ( les pour et les contre ). Beaucoup viennent de Syrie. L ‘Allemagne qui a ouvert grand ses portes a créé un véritable appel d’air. L ‘Allemagne a besoin de compenser son déficit démographique et de redorer son blason tant elle a été atroce envers la Grèce. Puis devant l’ampleur du phénomène , elle referme brusquement les portes , laissant des milliers de migrants sans solution dans des pays qui n’ont pas les moyens de les intégrer. Ils doivent faire face aux révoltes de ces migrants en colère.

Puis une tentative d’attentat jihadiste dans le Thalis, qui a foiré grâce à l’intervention de quelques voyageurs, de jeunes américains en vacances, dont des militaires, et quelques civils tous très courageux. Sinon le type aurait fait un véritable carnage.

Tout d’un coup il est urgent de faire qq chose en Syrie, pour limiter ce flux de migrants à qui on doit accorder un droit d’asile.. La France envoie des Rafales, sans l’accord de l’ ONU, car elle considère que c’est de la légitime défense. On a détruit quelques hangars, mais pas trop. Les américains bombardent depuis plus longtemps, mais l’ EI ne faiblit pas et continue sa progression. Les va-t-en guerre de l’ UE et OTAN pour l’ Ukraine, se font tout petits.

Obama et Hollande et Fabius veulent d’abord dégommer Bachar avant de s’occuper des jihadistes de l’ EI, c’est à dire refaire la même erreur qu’en Lybie.

Heureusement quelques politiciens français qui sont allés en Ukraine, en Crimée et en Syrie disent que ce serait catastrophique et qu’il faut aider Assad à se débarrasser des terroristes.

Poutine est aussi de cet avis.

Il a empêché les désirs de frappe sur la Syrie, soutenue par Hollande en proposant la destruction des armes chimiques syriennes. Il a surtout évité aux USA et à la France de se ridiculiser. Hollande n’a toujours pas pardonné à Obama d’avoir lâché l’affaire.

La France , les USA et d’autres ont essayé d’utiliser des rebelles anti Assad pour se débarrasser de l’ EI et d’ Assad. C ‘est un bordel monstre. La Turquie joue un double jeu, ce qui compte pour elle c’est d’éliminer les kurdes qui se battent contre l’ EI. Double jeu aussi de l’ Arabie saoudite et du Quatar qui en font une guerre de religions sunnites contre chiites.

Aussi les alliances contre le terrorisme sont difficiles.

Il est difficile d’imaginer les amerloques, l’ OTAN et les russes combattre ensemble, après l’expérience de l’ Ukraine, alors que la Russie est encore sous le régime des sanctions de l’ UE et des USA et que rien est réglé en Ukraine.

Poutine prend tout le monde de vitesse, Assad lui a demandé son intervention, qui du coup est légale ( contrairement à celle des US et de la France qui n’ont aucun mandat de l’ ONU). Poutine essaye de remettre l’ ONU en selle.

Fabius reprochait à Poutine de ne faire que parler, et qu’il devrait s’impliquer davantage en Syrie. Ce n’était pas pour obéir à Fabius, mais le lendemain l’aviation russe commençait à pilonner les terroristes en Syrie, avec un certain succès. Ulysse Gosset n’en revenait pas. D ‘autres ne cachent pas leur admiration. L ‘Irak qui n’a plus confiance aux USA attend une intervention russe.

En plus d’un an l’armée la plus puissante du monde n’a pas réussi à déloger l’ EI de ses positions. L’effet de leurs frappes était insignifiant. En moins d’une semaine les russes ont infligé de sacré dégâts à l’ EI et autres rebelles anti Assad. Avions , hélicos et missiles, Poutine leur a dit qu’il pouvait finir le boulot tout seul si les USA et l’ OTAN ne veulent pas participer et qu’il avait encore mieux en magasin.

J ‘ai lu qu’il y avait 150 0000 soldats russes en alerte, si jamais il faut envoyer des troupes à pied pour parachever le nettoyage. L ‘ Iran devrait intervenir aux cotés de la Syrie de l’ Irak et de la Russie.

Poutine sait que l’ EI et Al Queida rêvent de mettre le bronx en Russie, alors autant les éliminer en Syrie et en Irak que chez soi..

Si les américains ne participent pas, ils perdent leur influence sur toute cette zone du Moyen Orient, après avoir perdu la Crimée..

Grèce. Une dette grecque illégale, illégitime et odieuse 17 06 2015

Grèce. Une dette grecque illégale, illégitime et odieuse 17 06 2015

Intervention de Mr Toussaint sur l’ Audit de la Dette devant le Parlement Grec

A Vraiment écouter pour entrevoir et tenter de comprendre Tous les Processus
qui ont créé la Grave Crise de la Dette en Grèce et un peu partout,
comme en Espagne, au Portugal, en Irlande, aux USA, etc
Tout ça à cause des Banques « Privées » des USA, d’ Allemagne
et bien sûr, par 3 des plus grosses banques Françaises !!!..

Il faut absolument Dénoncer Tout cela et diffuser un maximum toutes ces infos afin que les Peuples se rendent vraiment compte de cette Gigantesque « Arnaque » envers des Pays et des Peuples, que soit vraiment mise au jour toute l’ incurie de nos gouvernements & des Actions Machiavéliques & Criminelles de la Finance dans son ensemble et qu’ on Stoppe Absolument Tout cela !!!…
Et Virer en 1er lieu Tous ces Enfoirés de Politiques qui Nous Trahissent en Permanence, en leur Rappelant qu’ ils ne sont que Nos Employés !!!..

Date de publication : 20/06/2015
Durée : 34:02

Ah quels enfoirés : les créanciers ont obligé le gouvernement grec à privatiser ( leur vendre) des bâtiments publics, pour une bouchée de pain. Mais mieux que ça : dans le contrat il y avait une obligation de leasing : L ‘ Etat grec est obligé de payer un loyer exorbitant aux créanciers pour l’usage de ces bâtiments.

Tous aux travaux forcés !!!

http://cadtm.org/Il-ne-faut-pas-negocier-avec-le

Voir aussi

Dans le Secret du Grand Bazar Européen 2

Quand l’Europe sauve ses Banques 2013 qui paye

Les guerres de Tchétchénie de la CIA

Et si Poutine dit la vérité , on fait quoi ?
F.William Engdhal

Par F. William Engdahl – Le 17 mai 2015 – Source http://www.informationclearinghouse.info

Le 26 avril, la station de télévision nationale principale de la Russie, Rossiya 1, a présenté au peuple russe le président Vladimir Poutine dans un documentaire sur les événements récents, y compris l’annexion de la Crimée, le coup d’État des États-Unis en Ukraine et l’état général des relations avec les États-Unis et l’UE. Ses paroles ont été franches. Et au milieu de ses remarques, l’ancien chef du KGB russe a largué une bombe politique de ce qui était connu par les services secrets russes depuis deux décennies.

Poutine a déclaré sans ambages qu’à son avis, l’Occident ne serait satisfait que d’une Russie faible, souffrante et mendiant à l’Ouest, quelque chose que le caractère russe n’est clairement pas disposé à subir. Très tôt dans son allocution, le président russe a déclaré pour la première fois publiquement quelque chose dont le renseignement russe a eu connaissance pendant près de deux décennies, mais qu’il a gardé sous silence jusqu’à présent, probablement dans l’espoir d’une ère de relations normalisées russo-américaines.

Poutine a déclaré que la terreur en Tchétchénie et dans le Caucase russe au début des années 1990 a été activement soutenue par la CIA et les services de renseignement occidentaux pour affaiblir délibérément la Russie. Il a noté que le FSB, le service russe de renseignement à l’étranger, avait les détails du rôle secret américain, sans donner de précisions.

A quoi Poutine, un professionnel du renseignement au niveau le plus élevé, a-t-il fait allusion dans ses remarques? Je me suis documenté en détail à partir de sources non russes. Le rapport a des implications énormes pour révéler au monde la planification d’un agenda caché de cercles influents à Washington pour détruire la Russie comme État souverain effectif [pas une marionnette, NdT], un ordre du jour qui comprend le coup d’État néo-nazi en Ukraine et la sévère guerre de sanctions financières contre Moscou. Le texte suivant est tiré de mon livre, La guerre sainte de l’Amérique.

Les guerres de Tchétchénie de la CIA

Peu de temps après que les moudjahidines financés par les services secrets saoudiens et la CIA eurent dévasté l’Afghanistan à la fin des années 1980, forçant la sortie de l’armée soviétique en 1989 et la dissolution de l’Union soviétique elle-même quelques mois plus tard, la CIA a commencé à chercher les endroits dans l’ex-Union soviétique en décomposition où leur Arabes afghans déjà entraînés pourraient être redéployés pour déstabiliser davantage l’influence russe sur l’espace eurasien post-soviétique.

Ils ont été appelés les Arabes afghans parce qu’ils avaient été recrutés dans les milieux musulmans ultraconservateurs sunnites wahhabites d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït, et ailleurs dans le monde arabe où se pratique un islam wahhabite ultra-strict. Ils ont été amenés en Afghanistan dans le début des années 1980 par une recrue saoudienne de la CIA nommée Oussama ben Laden.

Avec l’ancienne Union soviétique dans un chaos total et dans le désarroi, l’administration de George H.W. Bush a décidé de les mettre à terre, une triste erreur. Washington a redéployé ces vétérans afghans terroristes pour apporter le chaos et déstabiliser toute l’Asie centrale, au sein même de la Fédération de Russie, pendant la crise profonde et traumatisante lors de l’effondrement économique de l’ère Eltsine.

Au début des années 1990, la compagnie de Dick Cheney, Halliburton, avait arpenté les potentiels de pétrole offshore de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et de l’ensemble du bassin de la mer Caspienne. Ils ont estimé que la région pouvait être une autre Arabie Saoudite d’une valeur de plusieurs milliards de dollars sur le marché d’aujourd’hui. Les États-Unis et le Royaume-Uni étaient déterminés à empêcher par tous les moyens le contrôle de cette manne pétrolière par la Russie. Le premier objectif de Washington était de mettre en scène un coup d’État en Azerbaïdjan contre le président élu Abulfaz Elchibey pour installer un président plus disposé au contrôle américain du pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), le pipeline le plus politique du monde, apportant le pétrole de Bakou de l’Azerbaïdjan à la Turquie et la Méditerranée, via la Géorgie.
Revolution, geopolitique et pipelines,
by F William Engdahl

A cette époque, le seul oléoduc existant à Bakou était un gazoduc de l’époque russo-soviétique qui traversait la capitale tchétchène, Grozny, en amenant le pétrole de Bakou vers le nord par la province russe du Daghestan, et à travers la Tchétchénie vers le port russe de Novorossiysk sur la mer Noire. Le pipeline était le seul concurrent et l’obstacle majeur à la voie alternative très coûteuse de Washington et des grandes compagnies pétrolières britanniques et américaines.

Le président Bush Sr. a donné à ses vieux amis de la CIA le mandat de détruire ce gazoduc russo-tchétchène et de créer un tel chaos dans le Caucase qu’aucune entreprise occidentale ou russe ne pourrait envisager d’utiliser le pipeline pétrolier russe de Grozny.

Graham E. Fuller, un ancien collègue de Bush et l’ancien directeur adjoint du Conseil national de la CIA sur le renseignement, avait été un des principaux architectes de la stratégie moudjahidine de la CIA. Fuller a décrit cette stratégie dans le Caucase au début des années 1990: «La politique pour guider l’évolution de l’Islam et les aider contre nos adversaires a fonctionné merveilleusement bien en Afghanistan contre l’Armée rouge. Les mêmes doctrines peuvent encore être utilisées pour déstabiliser ce qui reste de la puissance russe.»

La CIA a utilisé un vétéran des coups tordus, le général Richard Secord, pour l’opération. Secord a créé une société écran de la CIA, MEGA Oil. Secord avait été condamné dans les années 1980 pour son rôle central dans l’opération de la CIA connue sous le nom d’Iran-Gate et dans les ventes illégales d’armes et de drogues.

En 1991, Secord, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense, a atterri à Bakou pour mettre en place la société écran de la CIA, MEGA Oil. Il était un vétéran des opérations secrètes de la CIA autour de l’opium au Laos pendant la guerre du Vietnam. En Azerbaïdjan, il a mis en place une compagnie aérienne pour amener par avion secrètement des centaines de moudjahidines d’Al-Qaïda de Ben Laden de l’Afghanistan vers l’Azerbaïdjan. En 1993, MEGA Oil avait recruté et armé 2.000 moudjahidines, et avait converti Bakou en une base de moudjahidines pour les opérations terroristes dans tout le Caucase.

L’opération secrète avec les moudjahidines du général Secord dans le Caucase a lancé le coup d’État militaire qui a renversé le président élu Abulfaz Elchibey cette année là et installé Heydar Aliyev, une marionnette des États-Unis plus souple. Une fuite d’un rapport secret du renseignement turc divulgué par le Sunday Times de Londres a confirmé que les «deux géants du pétrole, BP et Amoco, respectivement britannique et américain, qui forment ensemble l’AIOC (Azerbaijan International Oil Consortium), sont derrière le coup d’État».

Le chef des services secrets saoudiens, Turki al-Faisal, s’est arrangé pour que son agent, Oussama ben Laden, qu’il avait envoyé en Afghanistan au début de la guerre dans les années 1980, userait de son organisation afghane Maktab al-Khidamat (MAK) pour recruter des Arabes afghans pour ce qui était en train de devenir un djihad mondial. Les mercenaires de Ben Laden ont été utilisés comme troupes de choc par le Pentagone et la CIA pour coordonner et soutenir les offensives musulmanes, non seulement en Azerbaïdjan mais aussi en Tchétchénie et, plus tard, en Bosnie.

Ben Laden a promu un autre Saoudien, Ibn al-Khattab, pour devenir commandant, ou Émir des djihadistes moudjahidines en Tchétchénie (sic!) avec le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev. Peu importe que Ibn al-Khattab soit un Arabe saoudien qui parlait à peine un mot de tchétchène, a fortiori, de russe. Il savait à quoi les soldats russes ressemblaient et comment les tuer.

La Tchétchénie était alors traditionnellement une société à prédominance soufi, une branche douce et apolitique de l’Islam. Pourtant, l’infiltration croissante des terroristes moudjahidines sponsorisée par les États-Unis, bien financés et bien formés, prêchant le Jihad ou la guerre sainte contre les Russes, a transformé le mouvement initialement réformiste de la résistance tchétchène. Ils ont répandu l’idéologie islamiste extrémiste d’al-Qaïda dans le Caucase. Sous la direction de Secord, des opérations terroristes moudjahidines se sont également rapidement étendues au Daghestan et en Tchétchénie voisine, transformant Bakou en une base d’expédition de l’héroïne afghane à la mafia tchétchène.

Depuis le milieu des années 1990, Ben Laden a versé aux chefs de la guérilla tchétchène Chamil Bassaïev et Omar ibn al-Khattab la coquette somme de plusieurs millions de dollars par mois, la fortune d’un roi dans la Tchétchénie économiquement dévastée dans les années 1990, leur permettant de marginaliser la majorité modérée tchétchène. Les renseignements américains sont restés profondément impliqués dans le conflit tchétchène jusqu’à la fin des années 1990. Selon Yossef Bodansky, alors directeur de la Task Force du Congrès américain sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle, Washington a été activement impliqué dans «encore un autre djihad anti-russe, qui cherche à soutenir et autonomiser les forces islamistes anti-occidentales les plus virulentes».

Bodansky a révélé toute la stratégie de la CIA dans le Caucase en détail dans son rapport, en précisant que des responsables du gouvernement américain ont participé à «une réunion officielle en Azerbaïdjan en décembre 1999, dans laquelle des programmes spécifiques pour la formation et l’équipement des moudjahidines du Caucase, d’Asie centrale et du sud, et du monde arabe, ont été discutés et convenus, culminant avec l’encouragement tacite de Washington aux deux alliés, les musulmans (principalement la Turquie, la Jordanie et l’Arabie saoudite) et les sociétés de sécurité privées américaines […] pour aider les Tchétchènes et leurs alliés islamistes à déferler au printemps 2000 et soutenir le Jihad qui a suivi pendant une longue période […] Le Jihad islamiste dans le Caucase étant un moyen de priver la Russie du tracé d’un pipeline viable grâce à une spirale de violence et de terrorisme.»

La phase la plus intense des guerres tchétchènes n’a été démantelée qu’en 2000, après une lourde action militaire russe qui a défait les islamistes. Ce fut une victoire à la Pyrrhus, coûtant beaucoup de vies humaines et la destruction de villes entières. Le nombre exact de morts du conflit tchétchène piloté par la CIA est inconnu. Des estimations non officielles allaient de 25 000 à 50 000 morts ou disparus, pour la plupart des civils. Les pertes russes étaient de près de 11 000 morts selon le Comité des mères de soldats.

Les majors pétrolières anglo-américaines et les agents de la CIA ont pu savourer leur succès. Ils avaient ce qu’ils voulaient: leur oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, contournant Grozny et le pipeline de la Russie.

Les djihadistes tchétchènes, sous le commandement islamique de Chamil Bassaïev, ont continué les attaques de guérilla dans et hors de la Tchétchénie. La CIA s’est recentrée dans le Caucase.

Connexion saoudienne de Bassaïev

Bassaïev était un élément clé du djihad mondial piloté par la CIA. En 1992, il a rencontré le terroriste saoudien Ibn al-Khattag en Azerbaïdjan. De l’Azerbaïdjan, Ibn al-Khattab a emmené Bassaïev en Afghanistan pour rencontrer l’allié d’al-Khattab, compagnon de l’Arabie saoudite, Oussama ben Laden. Le rôle d’Ibn al-Khattab était de recruter des musulmans tchétchènes prêts à mener le djihad contre les forces russes en Tchétchénie au nom de la stratégie secrète de la CIA visant à déstabiliser la Russie post-soviétique et assurer le contrôle américano-britannique sur l’énergie de la mer Caspienne.

Une fois de retour en Tchétchénie, Bassaïev et al-Khattab ont créé la Brigade islamique internationale (IIB) avec l’argent des services secrets saoudiens, approuvée par la CIA et coordonnée par l’agent de liaison de l’ambassadeur saoudien à Washington et intime de la famille Bush, le prince Bandar bin Sultan. Bandar, ambassadeur saoudien à Washington pendant plus de deux décennies, était si intime avec la famille Bush que George W. Bush fait référence au playboy, ambassadeur saoudien, comme Bandar Bush, une sorte de membre d’honneur de la famille.

Bassaïev et al-Khattab ont importé des combattants de la souche wahhabite fanatique de l’islam sunnite d’Arabie saoudite en Tchétchénie. Ibn al-Khattab a commandé ce qu’on appelait les Moudjahidines arabes en Tchétchénie, sa propre armée privée d’Arabes, de Turcs et d’autres combattants étrangers. Il a également été chargé de mettre en place des camps d’entraînement paramilitaires dans les montagnes du Caucase de la Tchétchénie, qui ont formé les Tchétchènes et les musulmans des républiques russes du Caucase du Nord et de l’Asie centrale.

La Brigade internationale islamique financée par les Saoudiens et la CIA est responsable non seulement de la terreur en Tchétchénie, mais aussi de la prise d’otage du théâtre Dubrovka de Moscou en octobre 2002. Et en septembre 2004, ils étaient derrière l’horrible massacre de l’école de Beslan. En 2010, le Conseil de sécurité de l’ONU a publié le rapport suivant sur al-Khattab et les Brigades islamiques internationales de Bassaïev :

Les Brigades islamiques internationales (IIB) ont été inscrites le 4 mars 2003 […] comme associées à al-Qaida, à Oussama ben Laden ou aux Talibans pour la participation au financement, à l’organisation, à la préparation ou à l’exécution d’actes ou d’activités en association avec, sous le nom de, pour le compte ou en appui d’al-Qaida. […] La Brigade islamique internationale (IIB) a été fondée et est dirigée par Chamil Bassaïev Salmanovich (décédé) et est liée au Bataillon des martyrs tchétchènes de reconnaissance et de sabotage Riyadus-Salikhine (RSRSBCM) […] et du Régiment islamique à objectif spécifique (SPIR).

Dans la soirée du 23 octobre 2002, les membres des organisations IIB, RSRSBCM et SPIR ont opéré conjointement pour prendre plus de 800 personnes en otages au théâtre Podshipnikov Zavod (Doubrovka) de Moscou.

En octobre 1999, des émissaires de Bassaïev et d’Al-Khattab se sont rendus dans le repère d’Oussama ben Laden dans la province afghane de Kandahar, où Ben Laden a accepté de fournir une aide militaire substantielle et une aide financière, y compris en prenant des dispositions pour envoyer en Tchétchénie plusieurs centaines de combattants pour lutter contre les troupes russes et perpétrer des actes de terrorisme. Plus tard cette année, Ben Laden a envoyé des quantités substantielles d’argent pour Bassaïev, Movsar Baraïev (leader du SPIR) et Al-Khattab, qui devait être utilisé exclusivement pour la formation d’hommes armés, le recrutement de mercenaires et l’achat de munitions.

La version afghano-caucasienne d’al-Qaïda, l’autoroute du terrorisme, financée par les services secrets saoudiens, avait deux objectifs. L’un était de répandre le djihad wahhabite fanatique saoudien dans la région d’Asie centrale de l’ex-Union soviétique. Le second était l’ordre du jour de la CIA pour déstabiliser puis effondrer la Fédération de Russie post-soviétique.

Beslan

Le 1er septembre 2004, des terroristes armés de Bassaïev et de l’IIB d’al-Khattab ont pris plus de 1 100 personnes en otage dont 777 enfants lors d’un siège, et les ont forcés à aller dans l’école numéro un (SNO) de Beslan, en Ossétie du Nord, la république autonome du Caucase du Nord de la Fédération de Russie près de la frontière de la Géorgie.

Le troisième jour de la crise des otages, des explosions ont été entendues à l’intérieur de l’école, le FSB et d’autres troupes d’élite russes ont pris d’assaut le bâtiment. En fin de compte, au moins 334 otages ont été tués, dont 186 enfants, avec un nombre important de blessés et de portés disparus. Il est devenu clair après coup que les forces russes ont mal géré l’intervention.

La machine de propagande de Washington, de Radio Free Europe au New York Times et CNN, n’a pas perdu de temps pour diaboliser Poutine et la Russie pour leur mauvaise gestion de la crise de Beslan plutôt que de se concentrer sur les liens de Bassaïev avec Al-Qaïda et les services de renseignements saoudiens. Cela aurait attiré l’attention du monde sur les relations intimes entre la famille du président américain George W. Bush et la famille du milliardaire saoudiens Ben Laden.

Le 1er septembre 2001, seulement dix jours avant les attentats du World Trade Center et du Pentagone, le responsable des services saoudiens, élevé aux États-Unis, le prince Turki bin Faisal Al Saud, qui dirigeait les services saoudiens depuis 1977, y compris l’ensemble des opérations des moudjahidines d’Oussama ben Laden en Afghanistan et dans le Caucase, a brusquement et inexplicablement démissionné, quelques jours seulement après avoir accepté de son roi un nouveau mandat à la tête des services secrets. Il n’a donné aucune explication. Il a rapidement été réaffecté à Londres, loin de Washington.

L’enregistrement des liens intimes des familles Ben Laden et Bush a été enterré, en fait entièrement supprimé pour des motifs de sécurité nationale (sic!) dans le rapport officiel de la Commission américaine sur le 9/11. La nationalité saoudienne de quatorze des dix-neuf présumés terroristes du 9/11 à New York et Washington a également été supprimée du rapport final de la Commission du gouvernement américain sur le 9/11, publié uniquement en juillet 2004 par l’administration Bush, près de trois ans après les événements.

Bassaïev a revendiqué la responsabilité de l’envoi des terroristes à Beslan. Ses revendications incluaient la complète indépendance de la Tchétchénie par rapport à la Russie, quelque chose qui aurait donné à Washington et au Pentagone un énorme poignard stratégique dans le ventre sud de la Fédération de Russie.

À la fin de 2004, à la suite du drame tragique de Beslan, le président Vladimir Poutine aurait ordonné une mission secrète de recherche et d’élimination par les services secrets russes pour chasser et tuer les principaux dirigeants moudjahidines du Caucase de Bassaïev. Al-Khattab avait été tué en 2002. Les forces de sécurité russes ont vite découvert que la plupart des terroristes tchétchènes afghan-arabes avaient fui. Ils se sont réfugiés en Turquie, membre de l’Otan ; en Azerbaïdjan, alors presque membre de l’Otan ; ou en Allemagne, autre membre de l’Otan ; ou encore à Dubaï, l’un des plus proches alliés des États-Unis dans les États arabes, et au Qatar, un autre très proche allié américain. En d’autres termes, les terroristes tchétchènes sont abrités par l’Otan.

F. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier. Il est titulaire d’un diplôme en politique de l’Université de Princeton et est l’auteur de best-seller sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne Perspectives New Orient.