George Soros, né György Schwartz le 12 août 1930 à Budapest, est un financier milliardaire américain d’origine hongroise. Il est devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions, qui ont marqué l’histoire des bourses de valeurs puis par ses activités de philanthropie. Il est à l’origine des hedge funds apparus dans les années 1970, qui se distinguent dès la bulle financière japonaise. Il est actuellement président de Soros Fund Management, basé à New York, qui gère en 2012, 25 milliards de dollars pour lui, sa famille et ses fondations. Il a fondé l’Open Society Institute, devenu en 2010 Open Society Foundations, dont il est le président.

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Un financier philantrope

« L’homme qui fit sauter la banque d’Angleterre »

En 1992, alors que l’Angleterre s’enfonçait dans une crise économique, il sembla clair à Soros que la situation de la livre sterling était intenable.

La livre sterling à cette période était dans un régime de change lié : le Système Monétaire Européen (SME). Ce système induisait premièrement une valeur presque fixe de la livre (relativement aux autres monnaies européennes), celle-ci, en raison de la crise, était devenue trop élevée ; et deuxièmement le niveau des taux d’intérêt, calquant ceux-ci de fait sur ceux de la Bundesbank. Ce système est l’ancêtre de l’Euro. L’Allemagne avait besoin de taux d’intérêt élevés, l’Angleterre de taux faibles. Soros paria sur le fait que la Banque d’Angleterre ne pourrait résister à plus de pression sur sa monnaie et qu’elle serait forcée de sortir la livre du SME. Ceci provoquerait en particulier une chute importante de la valeur de la livre. Aujourd’hui, l’euro de par sa nature rend tout cela impossible, et c’est une des raisons qui ont appuyé l’idée d’une monnaie unique.

Le 16 septembre 1992 (mercredi noir), Soros vendit à découvert 10 milliards de livres, pariant donc à la baisse sur cette monnaie. Il provoqua, par cette opération, une pression telle sur la livre que la Banque d’Angleterre sortit sa devise du Système Monétaire Européen.

La plus-value qu’en aurait tiré Soros serait d’environ 1,1 milliard de dollars. Il fut surnommé pour cela « l’homme qui fit sauter la Banque d’Angleterre ». Durant la crise financière asiatique de 1997, dans des circonstances similaires, le premier ministre malais de l’époque Mahathir bin Mohamad accusa Soros de spéculer sur le ringgit.

À l’inverse, il se trompa dans d’autres circonstances et reperdit des montants importants dans la spéculation contre d’autres monnaies.

Offices et Fondations

Open Society European Policy Institute

We influence and inform European Union policies to ensure that open society values are at the heart of EU action, both inside and outside its borders.
The Open Society European Policy Institute brings into EU policy debates evidence, argument, and recommendations drawn from the work of the Open Society Foundations in more than 100 countries.
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International Renaissance Foundation : Ukraine

La mission de l’International Renaissance Foundation est de favoriser une participation, société ouverte, pluraliste, fondée sur des valeurs démocratiques en Ukraine.

Nos projets et l’octroi de subventions sont guidées par le principe que le véritable changement ne peut venir que si les droits et la dignité des personnes sont garantis. Cette croyance informe notre poursuite de deux objectifs interdépendants: l’accès à la justice pour tous et donner à la société civile d’être la principale source de changement positif en Ukraine.

La fondation travaille avec des groupes non gouvernementales ukrainiennes de premier plan pour les engager dans l’élaboration d’un programme de politique publique partagée pour le pays, catalyser les initiatives qui abordent la corruption, et de prévenir un retour en arrière de réformes démocratiques. Nos efforts pour réduire la corruption dans l’enseignement supérieur ont abouti à l’institutionnalisation des mécanismes de lutte contre la corruption dans les tests d’admission à l’université. Nous soutenons également des projets et des groupes qui font progresser les droits des populations vulnérables, améliorer la santé publique, et affronter la discrimination.

Pour améliorer l’accès à la justice des citoyens, la fondation développe et promeut des systèmes d’aide juridique gratuits à travers l’Ukraine, soutient le journalisme d’investigation et les syndicats de journalistes, et travaille avec les mouvements de lutte contre la discrimination. Nous soutenons les efforts des personnes vivant avec le VIH et le SIDA pour défendre leurs droits, et nous contribuons à droits à la santé publique et l’éducation en soutenant les soins palliatifs, le traitement de substitution aux opiacés, et les écoles inclusives.

La fondation contribue également à rendre le gouvernement plus accessible à la population par le biais des centres d’e-gouvernance, et soutient les efforts de la société civile pour promouvoir des lois qui améliorent l’accès à l’information et fixent le statut des ONG et de leurs opérations.

George Soros revendique avoir joué un rôle dans la crise ukrainienne

Invité de CNN le 25 mai dernier, George Soros a revendiqué son rôle dans les événements qui secouent actuellement l’Ukraine.

Il a également désigné Vladimir Poutine comme l’ennemi à abattre. Les deux plus grandes menaces, selon le milliardaire étasunien, seraient une Europe des populismes recentrée sur la Russie et l’alliance entre Pékin et Moscou contre les États-Unis.

Transcription complète

CNN : George Soros a construit une des grandes fortunes du monde en pariant sur les tendances mondiales. Et il est profondément préoccupé par l’évolution politique des événements, en Ukraine en particulier et en Europe en général. De retour de cette région, il me rejoint pour parler de ce qu’il a vu, de ce qu’il pense, et d’où il place son argent. George Soros, c’est un plaisir de vous recevoir.

George Soros : Pareillement…

D’abord l’Ukraine : l’une des choses que beaucoup de gens reconnaissent sur vous, c’est que, pendant les révolutions de 1989, vous avez financé un grand nombre d’activités dissidentes, des groupes de la société civile en Europe de l’Est, en Pologne, en République tchèque. Faites-vous des choses similaires en Ukraine ?

Eh bien, j’ai créé une fondation en Ukraine avant que l’Ukraine ne devienne indépendante de la Russie. La fondation a fonctionné depuis lors et a joué un rôle important dans les événements actuels.

Pensez-vous que l’Ukraine sera en mesure de faire valoir une sorte d’indépendance vis-à-vis de la Russie, un alignement avec l’Occident, peut-être pas un alignement spécifique comme membre de l’OTAN, mais une sorte d’orientation vers l’Ouest ? Ou alors les Russes seront toujours là pour les arrêter ?

Non. Poutine va essayer de déstabiliser l’Ukraine. Mais les Ukrainiens, la grande majorité des Ukrainiens, sont déterminés à être indépendants de la Russie. Ce ne sera pas facile, parce que Poutine a orienté son régime pour déstabiliser l’Ukraine, parce que c’est une menace pour la Ru … pour son régime en Russie. Si vous avez la liberté, la liberté des médias et ainsi de suite, et une économie florissante, cela rendrait son régime insoutenable.

Il accuse les Ukrainiens d’être antisémites, et de compter dans leurs rangs plein de fascistes antisémites. Vous opérez en Ukraine. Vous êtes d’origine juive. Avez-vous détecté un antisémitisme virulent en Ukraine ?

Eh bien, l’antisémitisme fait partie de l’ADN de cette partie du monde. Donc, il y a de l’antisémitisme. Mais il y en a beaucoup plus à l’est, dans la partie dominée par la Russie. C’est cette … cette soi-disant république indépendante où il y a eu réellement… en fait des atrocités contre… contre les Juifs et… et les Tziganes.

Vous avez été très pessimiste ou… sombre à propos de l’Europe. Pensez-vous que dans la situation de l’Ukraine, on peut voir un autre aspect de la tragédie de l’Europe, le manque d’action collective ?

Malheureusement, l’Europe est très faible. Elle est préoccupée par ses problèmes internes, qui sont en suspens. L’euro, la crise de l’euro n’est plus une crise financière et se transforme en une crise politique. Et vous allez le voir dans les élections. Et… et Poutine…

Expliquez ce que cela signifie. « Vous allez voir dans les élections », parce que vous allez voir la montée des nationalistes, des forces anti-européennes ?

Oui. Et curieusement, ils sont pris en charge par la Russie et les pro-russes. Donc, la Russie a émergé comme une alternative à l’Union européenne. Poutine est en quelque sorte sorti du placard en Ukraine avec une idéologie qui est nationaliste, basée sur le nationalisme ethnique. On pourrait appeler cela le « russisme »…

D’accord…

C’est un nouveau mot pour le décrire, parce que je ne veux pas l’appeler nazi, car il est très similaire à ce que vous aviez dans l’entre-deux-guerres… Le fascisme, vous savez…

En protégeant les groupes ethniques par la force militaire, si nécessaire…

Eh bien, c’est plus que cela. C’est comme une idéologie, une nouvelle sorte de mythe de la supériorité russe. Si vous… ceux qui regardent les discours de Poutine, il a effectivement révélé ce nouveau mythe de la supériorité génétique russe. Vous pourriez avoir entendu précédemment cela venant de quelqu’un d’autre. C’est un… une nouvelle idéologie basée sur la supériorité ethnique russe.

Et comme vous le dites, beaucoup de ces nationalistes qui nous… qui réussissent dans ces élections européenne… à l’échelle européenne semblent très pro-russes…

Oui.

… que ce soit sur la gauche ou la droite. Pensez-vous que ce nationalisme pourrait briser l’Union européenne ?

Oui. C’est une menace réelle. Et l’Europe doit le reconnaître. Et nous devons le reconnaître, en fait. Nous avons besoin d’une politique étrangère bipartite. Nous avions l’habitude d’en avoir une et nous l’avons perdue. Nous avons donc besoin de la rétablir, car c’est une menace réelle. C’est une menace pour l’Amérique, aussi, parce que ce qui se passe en Ukraine et en Europe va avoir des répercussions en Asie. Vous savez, le forage chinois qui établit les faits sur le terrain …

D’accord.

… au Vietnam…

(Inaudible ) avec le Vietnam.

… est une conséquence directe. Et Poutine est en Chine. Et ils ont un intérêt commun. Ils sont en train d’en établir un, qui est en fait anti-américain.

Des mots qui font réfléchir ! George Soros, je vous remercie beaucoup d’être venu.

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