La Directrice générale du FMI durcit sa position. Elle ne peut pas continuer à soutenir un pays qui dilapide des milliards de dollars dans une guerre sans fin.

Le paquet initial de $17 milliards supposait un accord sur la fin de la guerre en Ukraine

Christine Lagarde, la tête du FMI, a donné une interview au journal français le Monde, le 24 Janvier 2015, qui n’a pas attiré l’attention mais qui menace pourtant de donner le coup de grâce financier à l’Ukraine.

Pour la première fois depuis le début du conflit, Mme Lagarde a explicitement lié la poursuite de l’aide financière accordée à l’Ukraine à la fin de la guerre.

Christine Lagarde a dit textuellement «Aucun des partenaires du FMI ne peut envisager de participer à un programme de soutien s’il y a un point d’interrogation sur plus de 20% du produit intérieur brut de l’Ukraine… Pour réformer son économie, l’Ukraine a absolument besoin de frontières stables. Il existe un lien évident entre la situation économique et la situation militaire.»

C’est ce lien logique que les dirigeants de l’Ukraine refusent de voir depuis le coup d’État du Maïdan en février 2014.

Comme Mme Lagarde l’a souligné, le plan de stabilisation initial de 17 milliards de dollars que l’Ukraine a conclu avec le FMI au printemps 2014 présumait que le conflit dans le Donbass serait réglé avant l’hiver.

Au lieu d’interpréter cela comme un appel à transiger avec leurs adversaires, les dirigeants de l’Ukraine leur ont fait la guerre.

En septembre l’Ukraine, battue, a été contrainte d’accepter un cessez-le-feu. Au lieu d’en profiter pour négocier, comme les termes du cessez-le-feu le stipulaient, les dirigeants de l’Ukraine se sont employés à reconstruire l’armée pour pouvoir attaquer à nouveau.

Les commentaires de Mme Lagarde montrent que le FMI a finalement perdu patience. Ses paroles avertissent les dirigeants de l’Ukraine que s’ils ne mettent pas fin à la guerre, les prêts du FMI se tariront.

Les dirigeants de l’Ukraine ne tiendront pas compte de cet avertissement. La nature du régime Maïdan [le gouvernement de Kiev est ligoté par les néonazis, NdT] rend un compromis avec ses adversaires tout simplement impossible.

Les dirigeants de l’Ukraine ne sont pas les seuls à rejeter un compromis. Certains de leurs soutiens occidentaux en font autant.

Récemment, j’ai parlé du plan que le financier américain George Soros a mis en place lors de sa récente visite à Kiev.

Selon un rapport du Financial Times, ce plan proposait, à la place d’une restructuration officielle de la dette (qui nécessiterait l’accord de la Russie), que le FMI fournirait à l’Ukraine une nouvelle aide beaucoup plus importante, financée par une décote volontairement consentie par les créanciers obligataires occidentaux de l’Ukraine.

Mais, selon un article de l’excellent journaliste John Helmer (que nous republions ici), le plan de Soros est en fait beaucoup plus ambitieux.

Ce que Soros propose est que l’Ukraine se passe complètement du FMI et que l’UE prenne le relais. Soros prétend avoir trouvé 65 milliards de dollars, dormant dans divers fonds de l’UE, dont il pense que l’UE devraitles utiliser pour soutenir l’Ukraine. Le rôle du FMI serait réduit à distribuer l’argent que l’UE lui verserait.

Puisque l’UE prendrait la responsabilité du financement de l’Ukraine, il n’y aurait pas besoin d’une restructuration de la dette. L’Ukraine serait libre de ne pas rembourser ses dettes à la Russie, car cela n’affecterait pas son financement par l’UE. Soros a proposé que l’Ukraine refuse tout simplement de payer les 3 milliards de dollars qu’elle doit à la Russie, à moins que celle-ci ne révise à la baisse les conditions de paiement.

Ce n’est pas un plan destiné à restructurer les dettes de l’Ukraine ni à stabiliser l’économie ukrainienne. C’est un plan destiné à faire financer la guerre de l’Ukraine par l’UE.

L’UE a rejeté ce plan.

Une proposition qui vise à faire financer une guerre par l’UE rencontrera toujours une forte opposition. Et à un moment où l’UE est confrontée à de fortes pressions suite aux élections en Grèce, c’est absolument hors de question.

L’UE a maintenant approuvé les 1,8 milliard d’euros d’aide à l’Ukraine proposés par la Commission européenne. L’UE a clairement fait savoir que c’est l’aide maximum qu’elle est prête à fournir. Les états membres de l’UE ont dit qu’ils n’apporteraient aucune aide financière supplémentaire à l’Ukraine sans l’accord du FMI.

Les dirigeants de l’Ukraine font maintenant face à un choix. Soit ils continuent la guerre, auquel cas la faillite semble inévitable, soit ils négocient.

Jusqu’à maintenant, comme je l’ai indiqué dans une interview télévisée que j’ai récemment accordée à RT, ils ont essayé de résoudre la quadrature du cercle en parlant de la paix tout en poursuivant la guerre.

Les récentes remarques de Vladimir Poutine et de Christine Lagarde montrent que les Russes, comme le FMI, ne vont pas supporter encore bien longtemps le petit jeu des dirigeants ukrainiens. Si les Ukrainiens s’entêtent, la faillite semble inévitable, sauf si le FMI changeait complètement de ligne.

Oui, mais c’est la position du FMI, et le FMI ce n’est pas les USA !

Ukraine:
 » Ukraine: Les États-Unis envisagent de verser de l’huile sur le feu »

Par Jon Queally – Le 2 février 2015 – Source CommonDreams Alors que les combats s’intensifient et que l’on craint de plus en plus un élargissement de la guerre, le New York Times annonce que l’administration Obama envisage d’envoyer 3 milliards de dollars d’armes et de matériel militaire à l’Ukraine. »

Enfin pour Porochenko, négocier signifierait la capitulation dans la guerre du Donbass..

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